Jean François Deniau (de l'Académie Française)
sur le Clergé et Amir Abbas Hoveyda

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Gouverner l'Empire: "Faire frire de petits poissons" a écrit Lao Tseu il y a deux mille cinq cents ans. Tout est dans le geste du poignet qui doucement fait rissoler la poêle. La judicieuse répartition des fonds secrets, c'est l'huile. Hoveyda qui fut Premier ministre du shah, distribuait sur les fonds secrets des centaines de millions de dollars au clergé iranien pour compenser les "pertes" dues à la reforme agraire impériale. Sans le dire à l'empereur: celui-ci était si fier de sa reforme qu'il n'aurait pas toléré une seule correction, et pas un complément aux indemnisations déjà versées, croyait qu' Hoveyda, l'un des hommes les plus honnêtes que j'aie connus, mettait l'argent dans sa poche, comme tout un chacun.

Hoveyda est remplacé par une créature des Américains... qui me lit en direct les instructions de l'ambassade américaine en réponse à mes questions. La personne décide de supprimer ces subventions occultes et injustifiées au clergé musulman: voilà une bonne économie, crystal clear, no? Le clergé, pale de rage, entreprend de passer à l'opposition.
Il fait savoir dans le monde rural qu'un commentaire du Coran classe comme "impure" une terre dont la propriété est contestée. Vingt millions de paysans qui avaient bénéficié de la reforme agraire se demandent si leurs cinq prières quotidiennes sont valables. Ils vont grossir les rangs des inquiets et mécontents. L'alliance contre nature du Toudeh, des libéraux et de la paysannerie pieuse est réalisée, le shah tombera.

Jean François Deniau, de l'Académie Française: "Mémoires de Sept Vies" (Paris, 1994). Tome I, page 309.

Soon to be translated in English...

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